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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 07:41
Monsieur,

Il y a déjà 4 ans, j'avais besoin d'acheter un nouvel accordéon, sans un sou en poche. Alors je me suis dit qu'il fallait être très gentil avec la dame assise de l'autre côté du bureau.

Cette dame, conseillère financière de la Société Générale, avait le pouvoir d'accorder ou non le prêt indispensable à l'achat de mon outil de travail, mon compagnon de tous les jours. Alors j'ai dit gentiment "oui-oui" à chacune de ses propositions, en croisant les doigts pour que la dame, contente d'avoir trouvé son pigeon du jour,  me dise aussi "oui" pour le crédit.

Voilà comment je me suis retrouvé avec des options de gestion payantes pour mes comptes, 2 cartes bancaires, une réserve d'argent à 17,6%, un accordéon assorti d'intérêts à rembourser sur 5 ans et une assurance-vie GENEA.

L'assurance-vie GENEA, c'est 17,70 euros que votre société me prélève chaque année. Evidemment, comme j'oublie à chaque fois de résilier le contrat à temps, je rempile pour une année de protection en cas d'accident fatal. Si les circonstances de ma disparition respectent vos conditions générales, mes descendants recevront 10 000 euros pour consoler leur peine et les aider par la même occasion à rembourser mes dettes.

J'ai beau être musicien, je ne suis pas idiot quant au truchement des affaires financières. Je sais qu'une mort subite de ma part serait fort regrettable pour les résultats de votre société. Seulement 4 ans que je cotise 17,70 euros par an et vous devriez débourser 10 000 euros pour une famille éplorée ! Triste tableau et bilan annuel catastrophique...

Admettons que je vous promette de ne pas mourir tout de suite et que je m'y tienne, je vous ferais éviter une dépense de 10000 euros !

Il se trouve que j'aurais rapidement besoin de 5000 euros pour produire un disque. Donc si vous acceptiez de me verser 5000 euros en contrepartie de mon effort de longévité, vous diviseriez par deux vos pertes sur mon contrat ! Une fois le disque sorti, je vous promets de résilier mon contrat, vous libérant ainsi du risque de devoir verser à mes enfants les 5000 euros manquants, un accident est si vite arrivé.

Une telle opportunité ne se présente pas deux fois, saisissez-là !

Dans l'attente de votre versement,

Je vous prie d'agréer, Monsieur, mes salutations distinguées.

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Published by Eric KSOURI - dans LES LETTRES
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commentaires

nataelle 05/03/2010 18:47


Quel panache !
C'est bon... et bien écrit


B+ 09/02/2010 23:39


Hahaha sublime !


Emilio 09/02/2010 15:45


Nous sommes passés du croustillant au fondant de vérité... ton humour devient une arme rico, prends garde, tu pourrais bien finir par en récolter les tendres pousses ! encore bravo... et
félicitations !


redgirl 09/02/2010 12:38


yes, t'es bon en calcul toi ?


Manthe 09/02/2010 11:41


Enorme !

C'est vrai que t'es en grande forme dis-donc !!!